Du nouveau sur la réforme des cours d'histoire
Michel Rioux dans Le Couac : www.lecouac.org/index.php3 revient sur les révélations troublantes d’un journaliste au sujet de l’« épuration » des cours d’histoire au secondaire :
« Bien sûr, madame Lysiane Gagnon, qui a ses entrées dans ce beau monde, l'affirme péremptoirement.
« Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une opération planifiée de propagande fédéraliste, même si tel est effectivement le résultat objectif de cette entreprise. Il n'y a sûrement pas eu de direction politique dans ce fatras », écrit-elle en commentant la fumeuse réforme de l'enseignement de l'histoire dévoilée par Le Devoir voilà quelque temps.
Bien sûr que non, chère Madame. La preuve en est que la semaine suivant cette révélation du Devoir, la Fondation Pierre-Elliott-Trudeau* remettait une bourse de 225 000 $ au professeur Jocelyn Létourneau, titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire de l'Université Laval. Et, de son propre aveu, père spirituel en quelque sorte de cette réforme dont le ministre responsable dira n'en avoir jamais entendu parler.
Cette réforme, dans laquelle le Québec est pudiquement désigné comme « la société dans laquelle évolue l'apprenant », prétend jeter les bases de l'enseignement de notre histoire nationale. Pourtant, si elle venait à être appliquée, l'apprenant en question n'apprendrait rien de la déportation des Acadiens, de l'Acte de Québec, des Rébellions de 1837-1838, de l'Acte d'Union, de la Crise de la conscription, ni des référendums de 1980, 1992 et 1995. L'apprenant n'apprendrait pas non plus que la fédération canadienne formée en 1867 le fut sans que le Québec soit consulté.
L'apprenant n'apprendrait pas non plus que Meech n'est pas qu'un lac. Curieux apprentissage que celui-là, alors que la Conquête de 1760 serait présentée comme « l'accession à la démocratie dans la colonie britannique ».
Une chance qu'on a eu les Anglais, comme le disait une ministre libérale aux dernières élections!
Mais comme à toute chose malheur est bon, cet épisode nous a permis d'en apprendre des vertes et des pas mûres sur ces questions du nation building canadian. Plutôt rouges que vertes, d'ailleurs.
Ainsi en est-il de la fondation Historica, une branche de la famille Bronfman. Un chercheur de l'UQAM en révélait les activités dans Le Devoir du 8 mai. Les Minutes du patrimoine, produites par cette fondation et diffusées à la télévision, ont coûté plus de 15 millions $. En 2004, Historica a dépensé plus de 6 millions dans ses divers programmes. «
Historica s'est donné d'imposants moyens de diffuser son récit de l'histoire canadienne dans toutes les écoles du pays. La plupart des acteurs du monde de l'éducation sont visés par l'un ou l'autre des programmes, que ce soit les professeurs aux niveaux primaire et secondaire, les élèves eux-mêmes, les historiens, les didacticiens de l'histoire et, en fin de compte, la totalité de la nation canadienne », écrit Alexandre Lanoix.
Le Journal de Montréal, de son côté, rappelait à notre mémoire, celle-là même qui a la fâcheuse habitude de s'oublier, l'existence de la « trousse pédagogique » fabriquée il y a neuf ans par les services de Sheila Copps. « Présentée dans un élégant boîtier, la trousse comportait un guide de l'enseignant, un disque compact, une bande vidéo, une cassette, un cahier pour les élèves, une centaine de drapeaux autocollants et un message de Jean Chrétien », rappelle le journaliste Laurent Soumis, qui ajoute que la trousse, payée par les fonds publics et destinée aux 16 500 écoles du pays a nécessité le concours de six maisons de production, dix organismes, 12 ministères et plus d'une quarantaine de spécialistes. Comment dites-vous?
Dire que madame Copps a qualifié de « propagande soviétique » le livre Parlons de souveraineté à l'école, vendu, lui, en librairie! Et elle l'a fait dans une chronique qui paraît dans le Journal de Montréal, qui lui offre ses pages avec complaisance.
*Siègent au conseil d'administration de cette Fondation, entre autres, Roy Heenan, avocat antisyndical s'il en fut et chez qui Trudeau s'est réfugié après avoir quitté la politique; Paul Desmarais fils, de Power Corp ; Bill Davis, ex-premier ministre de l'Ontario et principal allié de Trudeau lors du rapatriement de la constitution ; Robert Lacroix, ex-recteur de l'Université de Montréal, ami du CN et de sa gare de triage et Marc Lalonde, exécuteur des basses oeuvres de l'autre. Tous connus comme de fieffés séparatistes, comme on le sait. »
NDLR : Une pétition en appui à la coalition pour sauver notre histoire se retrouve en ligne : www.sauvonsnotrehistoire.com/files ..gif)

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